{"id":599,"date":"2026-08-23T14:56:23","date_gmt":"2026-08-23T12:56:23","guid":{"rendered":"https:\/\/francisgrembert.fr\/?page_id=599"},"modified":"2026-08-23T15:10:28","modified_gmt":"2026-08-23T13:10:28","slug":"photos-recits","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/francisgrembert.fr\/index.php\/photos-recits\/","title":{"rendered":"Photos-r\u00e9cits"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"594\" height=\"425\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-600\" style=\"width:397px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image.png 594w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-300x215.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 594px) 100vw, 594px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Lille, au terminus de la rue Trulin, le 1er avril 1976 &#8211; photo d&#8217;Ernest Godward)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 1<sup>er<\/sup> avril 1976, rue Trulin, je t\u2019ai attendue. La veille, au bar des Brumes, nous nous \u00e9tions donn\u00e9 rendez-vous l\u00e0, au terminus des trams. Tu m\u2019avais dit ta d\u00e9ception de ne pas avoir pu acheter un billet pour le concert de Patti Smith. Je t\u2019avais dit que j\u2019avais un plan pour en obtenir. C\u2019\u00e9tait faux. C\u2019\u00e9tait juste pour te revoir. Tu n\u2019es pas venue. As-tu compris que j\u2019avais menti&nbsp;? Le soleil inondait la ville. Rue Trulin, j\u2019ai fum\u00e9 trois cigarettes. J\u2019aurais bien fait un bout de chemin avec toi. Quelques semaines, quelques mois ou la vie enti\u00e8re. Tu avais la m\u00eame coupe de cheveux que Katherine Ross dans <em>Le Laur\u00e9at<\/em>. Il y avait dans l\u2019air ce jour-l\u00e0 quelque chose qui ressemblait au matin du monde. L\u2019\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas tard\u00e9 \u00e0 arriver. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s chaud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"535\" height=\"528\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-601\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-1.png 535w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-1-300x296.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 535px) 100vw, 535px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Course de chiens pendant la kermesse, Guy Le Querrec, Malansac, 4 ao\u00fbt 1963 \u2013 Copyright Guy Le Querrec-Magnum Photos \u2013 Collection Mus\u00e9e de Bretagne, Rennes)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019\u00e9tait une chouette id\u00e9e, cette course de chiens, et c\u2019est le fils Pelvellec qui l\u2019avait eue. Il \u00e9tait persuad\u00e9 que son Milou, un ratier noir et blanc, \u00e9tait le plus rapide du village. Herv\u00e9 \u00e9tait un gar\u00e7on timide, et son plus grand plaisir \u00e9tait de courir avec son chien. Le 4 ao\u00fbt 1963, je donnai le signal de d\u00e9part aux douze participants. Trois cent m\u00e8tres \u00e0 parcourir jusqu\u2019au Poilu au garde-\u00e0-vous. Herv\u00e9 et Milou l\u2019emport\u00e8rent sur le fil devant Fabrice Piniau et son Prince. Ce fut le plus beau jour de ma vie. Pendant les quinze ans qui ont suivi, jusqu\u2019en 1978, \u00e0 chaque fois que je voyais Milou courir jusqu\u2019au monument, et c\u2019\u00e9tait au moins une fois par semaine, mon c\u0153ur faisait un bond. J\u2019imaginais l\u2019enfant le suivre. Nous aurions aim\u00e9 ne pas avoir \u00e0 l\u2019imaginer. Mais il n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0. Milou se souvenait-il de la course du 4 ao\u00fbt 1963&nbsp;? Nous l\u2019esp\u00e9rions comme on esp\u00e8re que les animaux puissent nous apporter des r\u00e9ponses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"377\" height=\"529\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-602\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2.png 377w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2-214x300.png 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 377px) 100vw, 377px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Lagrange, Vladimir &#8211; Une fille apporte le d\u00e9jeuner \u00e0 son p\u00e8re. URSS &#8211; ann\u00e9es 1960)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pavel Ostonitchenko, du kolkhoze Les Bouleaux de L\u00e9nine, \u00e9tait le sp\u00e9cialiste de la patate, ce qui lui valait les quolibets de ses coll\u00e8ges moissonneurs, lesquels avaient pour t\u00e2che et honneur de garantir que le grenier \u00e0 bl\u00e9 de l\u2019Europe soit toujours bien rempli. Par bravade, par n\u00e9cessit\u00e9 aussi, car des patates il en fallait pour nourrir le peuple sovi\u00e9tique, Pavel Ostonitchenko ne jurait que par le tubercule. Il s\u2019\u00e9tait promis d\u2019en planter trente hectares en l\u2019espace de deux jours, un d\u00e9fi insens\u00e9 pour lequel il s\u2019\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 pendant des mois. Sa fille, Anna, lui apportait le repas du midi. Quand il la voyait arriver, il d\u00e9ployait les bras, ce qui signifiait qu\u2019elle devait courir plus vite car chaque seconde comptait. Anna for\u00e7ait son allure, s\u00fbre que son p\u00e8re allait \u00e9galer en renomm\u00e9e le camarade Stakhanov&nbsp; qui avait extrait ses 102 tonnes de charbon en six heures et qui depuis \u00e9tait devenu le symbole du communisme triomphant. Qui&nbsp; sait, peut-\u00eatre serait-il invit\u00e9 \u00e0 parader le 1<sup>er<\/sup> mai devant le camarade Brejnev&nbsp;? Tout cela ne fut que chim\u00e8res dans la t\u00eate d\u2019un p\u00e8re et de sa fille. Le second jour de plantation \u00e0 peine entam\u00e9, le tracteur tomba en panne. Le m\u00e9canicien du kolkhoze, un certain Dimitri Ioussakov cuvait sa vodka dans le hangar n\u00b03.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"675\" height=\"547\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-603\" style=\"width:471px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-3.png 675w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-3-300x243.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nanterre, 1945, je me souviens&nbsp;: la guerre avait pris fin. Le dimanche, \u00e0 midi, nous allions chez mes grands-parents au bout de la rue. Papa me prenait sur ses \u00e9paules. Jeanne-Marie donnait la main \u00e0 maman. Edouard, le jeune fr\u00e8re de papa, \u00e9tait avec nous. Il avait \u00e9t\u00e9 prisonnier en Allemagne. Nous lui avions donn\u00e9 une chambre en attendant qu\u2019il trouve un boulot. Ce sont mes premiers souvenirs&nbsp;: les dimanches de 1945. Les deux chiens de Madame Bernard venaient nous saluer. Ils \u00e9taient gentils. Gis\u00e8le rentrait chez elle. C\u2019\u00e9tait une grande fille de dix ans. Qu\u2019est-ce qu\u2019elle \u00e9tait belle&nbsp;! Il y avait toujours dans le ciel de grands nuages blancs. J\u2019aurais aim\u00e9 en toucher un puis mettre mes doigts \u00e0 la bouche. Cela viendra un jour, me disait Edouard, il faut savoir \u00eatre patient. \u00c7a n\u2019est jamais arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"673\" height=\"441\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-604\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-4.png 673w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-4-300x197.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 673px) 100vw, 673px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Erwitt, Elliott &#8211; Shanagarry, Ireland, 1982)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mrs O\u2019Connor t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 son fils Thomas. Thomas a \u00e9migr\u00e9 \u00e0 Londres. Il est barman. Elle l\u2019appelle tous les lundis \u00e0 14 heures. C\u2019est son jour de repos. Ce lundi huit octobre 1982, le ciel est bas et Thomas ne r\u00e9pond pas. Si Mrs O\u2019Connor avait vu qu\u2019un homme r\u00e9parait la ligne, elle aurait report\u00e9 son coup de t\u00e9l\u00e9phone mais elle \u00e9tait pr\u00e9occup\u00e9e. La vie passe vite et certains jours elle p\u00e8se plus que d\u2019autres. C\u2019est ce qu\u2019elle avait pr\u00e9vue de dire \u00e0 Thomas. Comme \u00e7a. Pour changer de l\u2019habituel \u00e9change de nouvelles sans importance. Elle avait m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chi. Dire des choses qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019habitude de dire, c\u2019\u00e9tait in\u00e9dit pour elle. Elle s\u2019en faisait une joie particuli\u00e8re. Le soir devant sa t\u00e9l\u00e9, elle remercia le ciel que la cabine e\u00fbt \u00e9t\u00e9 hors service. Dire \u00e0 Thomas&nbsp;que la vie passe vite ! C\u2019\u00e9tait une sotte id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"582\" height=\"585\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-605\" style=\"width:406px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-5.png 582w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-5-150x150.png 150w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-5-298x300.png 298w\" sizes=\"auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Gustave Roud &#8211; Chemin de campagne avec vue sur Lussery)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s un d\u00e9nivel\u00e9 de huit cent m\u00e8tres, nous arrivions \u00e0 un arbre qui ombrageait&nbsp; le chemin. Lussery se profilait dans la distance. Que vous dire sinon que je ne connais pas de panorama plus charmant. Dans mes r\u00eaves, il revient me hanter apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es. Quand je me r\u00e9veille, un peu hagard, je me dis que j\u2019ai v\u00e9cu le meilleur sur le chemin qui menait \u00e0 Lussery.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"664\" height=\"444\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-606\" style=\"width:474px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-6.png 664w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-6-300x201.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 664px) 100vw, 664px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Gruyaert, Harry &#8211; Baie de Somme. Fort Mahon. 1991)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La plage de Fort Mahon, c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 je me rends pour essayer de comprendre. A chaque fois, j\u2019ai la surprise de la d\u00e9couvrir comme si c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois. Le sable, les cabines, le ciel, la pr\u00e9sence d\u2019enfants, l\u2019absence d\u2019enfants, la force du vent et la focale de mon \u00e2me. La plage de Fort Mahon, c\u2019est l\u2019infini des possibilit\u00e9s, que je ne pourrai jamais \u00e9puiser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"632\" height=\"422\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-607\" style=\"width:551px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-7.png 632w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-7-300x200.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 632px) 100vw, 632px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Fagoo, Nad\u00e8ge)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019avais pos\u00e9 la main sur la table. Il me fallait ce geste. Le contact avec la nappe cotonn\u00e9e vichy m\u2019a imm\u00e9diatement calm\u00e9e. Toutes mes peurs s\u2019en sont all\u00e9es, mes angoisses, la folie d\u2019un monde que je ne comprenais plus. Une table, on n\u2019y pense pas, ou pas souvent, en tout cas pas assez. Ce jour-l\u00e0, elle a \u00e9t\u00e9 bien plus qu\u2019un objet-meuble utilitaire. Entre elle et moi s\u2019est \u00e9tabli un dialogue tr\u00e8s bref et tr\u00e8s myst\u00e9rieux. Nous avons eu toutes deux de quoi nous \u00e9tonner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"398\" height=\"589\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-608\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-8.png 398w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-8-203x300.png 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 398px) 100vw, 398px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Jean Philippe Charbonnier (Fran\u00e7ais, 1921-2004), Petite fille avec chat, 1958)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne me souviens plus de ce jour mais ma m\u00e8re m\u2019a si souvent racont\u00e9 l\u2019histoire que je me la rappelle d\u2019une autre fa\u00e7on, par sa voix, et c\u2019est tout aussi bien. Un monsieur \u00e9tait arriv\u00e9 dans la cour\u00e9e, m\u2019avait vue avec mon chat et avait demand\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re s\u2019il pouvait me prendre en photo. Elle avait dit oui, comme \u00e7a, sans r\u00e9fl\u00e9chir. J\u2019avais souri, j\u2019avais ri, j\u2019\u00e9tais au centre du monde et j\u2019ai aim\u00e9 \u00e7a. Sur la photo, je vois une enfant qui \u00e9tait heureuse. C\u2019est b\u00eate \u00e0 dire, mais le fait est que sur certaines photos on peut voir le bonheur. Je me dis parfois que sur les pav\u00e9s mouill\u00e9s, ce jour de 1958, un pont a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 entre la septuag\u00e9naire que je suis devenue et l\u2019enfant hilare d\u2019autrefois. Je le franchis r\u00e9guli\u00e8rement et je me dis que cette enfant avec son chat c\u2019est toujours moi en d\u00e9pit des apparences. \u00c7a me fait un bien fou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"371\" height=\"523\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-9.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-609\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-9.png 371w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-9-213x300.png 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 371px) 100vw, 371px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Robert Doisneau &amp; Jean Dieuzaide, Une amiti\u00e9 heureuse, Le Ch\u00e2teau d&#8217;Eau, Toulouse, France)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne sais rien de ce qui entoure cette photographie. Poulidor et Dalida ont-ils entretenu des rapports amicaux&nbsp;? La photo le laisse \u00e0 penser. Peu importe, le r\u00e9sultat est magnifique. On a un instantan\u00e9 60\u2019s \u00e0 forte teneur nostalgique. Ils sont tous deux mignons comme ce n\u2019est pas possible. Le monsieur sur la gauche n\u2019en perd pas une miette. Peut-\u00eatre s\u2019est-il souvenu longtemps de ce moment en fredonnant Bambino plus qu\u2019\u00e0 son tour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"651\" height=\"368\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-610\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-10.png 651w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-10-300x170.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 651px) 100vw, 651px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(F.G.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai pris cette photo \u00e0 Vitry-le-Fran\u00e7ois en 2013. La petite fille rose et jaune a grandi. Elle a maintenant plus de vingt ans et ne sait pas qu\u2019un jour o\u00f9 elle \u00e9tait en col\u00e8re, peut-\u00eatre parce qu\u2019elle \u00e9tait tomb\u00e9e, quelqu\u2019un l\u2019a photographi\u00e9e. Quand on appuie sur le d\u00e9clencheur, \u00e7a fait une photo, et parfois une photo dont on aime \u00e0 se souvenir. Celle-ci m\u2019a \u00e9mu, peut-\u00eatre parce qu\u2019elle est associ\u00e9e \u00e0 l\u2019apprentissage du v\u00e9lo, p\u00e9riode dont on ne garde que quelques bribes mais qui, c\u2019est s\u00fbr, a \u00e9t\u00e9 une de nos plus grandes aventures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"617\" height=\"407\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-611\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-11.png 617w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-11-300x198.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 617px) 100vw, 617px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Erwitt, Elliott &#8211; Newcastle 1969)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Newcastle, 1969. Voulez-vous un ballon rouge&nbsp;? J\u2019ai aussi des 45 tours des Beatles et un fr\u00e8re qui aime faire le clown. Vous \u00eates photographe&nbsp;? Vous \u00eates c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;? Moi aussi, j\u2019aimerais devenir c\u00e9l\u00e8bre, photographe, je ne sais pas, mais pourquoi pas, c\u2019est s\u00fbrement un chouette m\u00e9tier. Merci pour la photo, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle sera r\u00e9ussie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"497\" height=\"530\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-612\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-12.png 497w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-12-281x300.png 281w\" sizes=\"auto, (max-width: 497px) 100vw, 497px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Salesse, Henri &#8211;&nbsp; (Fran\u00e7ais, 1914-2006), Passage \u00e0 niveau pr\u00e8s de la gare, Petit-Quevilly, 1952)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bar du chemin de fer, \u00e0 Petit-Quevilly, j\u2019y \u00e9tais chaque matin. Dix minutes, le temps d\u2019un&nbsp; caf\u00e9, je regardais la travers\u00e9e du passage \u00e0 niveau. Les cyclistes \u00e9taient nombreux. Il y avait ceux qui p\u00e9dalaient et les autres, souvent des gens \u00e2g\u00e9s, qui marchaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9, les mains bien camp\u00e9es sur le guidon. Apr\u00e8s, je marchais jusqu\u2019\u00e0 la gare. Une journ\u00e9e de lyc\u00e9e m\u2019attendait, interminable, qui avait commenc\u00e9 dans un moment de pure r\u00eaverie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"679\" height=\"455\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-613\" style=\"width:424px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-13.png 679w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-13-300x201.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 679px) 100vw, 679px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Todd Hido)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle portait un pull rouge devant la mer. Je n\u2019ai jamais oubli\u00e9. Sc\u00e9naristes, \u00e0 vos papiers&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"451\" height=\"442\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-614\" style=\"width:346px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-14.png 451w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-14-300x294.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Richard Averton)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cin\u00e9ma est un art o\u00f9 tout est affaire de doubles choisis et de fraternit\u00e9s r\u00e9invent\u00e9es. Dans La Nuit Am\u00e9ricaine, Truffaut dit \u00e0 L\u00e9aud&nbsp;: <em>Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n&#8217;y a pas d&#8217;embouteillages dans les films, pas de temps mort. Les films avancent comme des trains, tu comprends, comme des trains dans la nuit. Des gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour \u00eatre heureux dans le travail, dans notre travail de cin\u00e9ma.<\/em> Le r\u00e9alisateur parle \u00e0 son com\u00e9dien, \u00e0 son fils-fr\u00e8re, \u00e0 nous et \u00e0 lui-m\u00eame. Dans les films, on parle \u00e0 tout le monde de mani\u00e8re tr\u00e8s particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"529\" height=\"365\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-15.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-615\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-15.png 529w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-15-300x207.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 529px) 100vw, 529px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Raymond Depardon)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous \u00e9tions entour\u00e9s de foin et \u00e7a nous faisait rire. Le soir, nous mangions des patates et des haricots avec du jambon et nous continuions \u00e0 rire. Cet \u00e9t\u00e9 l\u00e0, nous n\u2019avons fait que cela, rire. Y a-t-il encore quelqu\u2019un qui s\u2019en souvienne&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"451\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-16.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-616\" style=\"width:515px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-16.png 683w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-16-300x198.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Erwitt. New York City, 1955)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et si j\u2019arr\u00eatais&nbsp;? Il y a tant de possibilit\u00e9s. Aller \u00e0 Paris. Croiser un gar\u00e7on sous la Tour Eiffel. Il m\u2019inviterait \u00e0 boire un vin d\u2019Alsace \u00e0 la terrasse d\u2019un caf\u00e9. Ici, je tourne en rond. Sourire aux clients est dans mes cordes mais pour combien de temps encore&nbsp;? Demain, c\u2019est d\u00e9cid\u00e9, je rends mon tablier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"481\" height=\"601\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-17.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-617\" style=\"width:369px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-17.png 481w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-17-240x300.png 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 481px) 100vw, 481px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Cartier-Bresson, Fontaine des Innocents, 1968, Mus\u00e9e Carnavalet &#8211; Histoire de Paris)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A la fin du march\u00e9, quand les marchands n\u2019avaient pas encore remball\u00e9, Josie et moi avions pris pour habitude de nous asseoir sur un cageot pour deviser. Ces conversations, tant\u00f4t futiles tant\u00f4t pr\u00e9occup\u00e9es, me sont rest\u00e9es comme la marque d\u2019une p\u00e9riode surprenante \u00e0 bien des \u00e9gards.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"715\" height=\"489\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-18.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-618\" style=\"width:523px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-18.png 715w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-18-300x205.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 715px) 100vw, 715px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les chiens de Dublin pouvaient parler, ils nous diraient des choses dont on n\u2019a pas id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"512\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-19.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-619\" style=\"width:540px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-19.png 700w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-19-300x219.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monsieur Hulot sur le bas-c\u00f4t\u00e9. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a trouv\u00e9 sa place, d\u00e9cal\u00e9, \u00e9tourdi, incapable se couler dans le moule. Revoyons les films de Jacques Tati. Ils disent \u00e0 leur mani\u00e8re ce qui nous est arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"471\" height=\"708\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-20.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-620\" style=\"width:368px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-20.png 471w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-20-200x300.png 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Cartier-Bresson, Henri, <em>Rue Mouffetard, 1952<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon papa boit du pinard le soir.\u00a0 Les infos sont termin\u00e9es, il se verse un verre, puis un deuxi\u00e8me. C\u2019est le moment o\u00f9 il me regarde et dit\u00a0: \u00ab\u00a0Et toi, qu\u2019est-ce que tu vas faire plus tard\u00a0? Tu n\u2019aimerais pas devenir riche et c\u00e9l\u00e8bre\u00a0?\u00a0\u00bb \u00c7a ne me d\u00e9plairait pas mais s\u2019il faut aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole jusqu\u2019\u00e0 vingt ans, je suis moins d\u2019accord. J\u2019attends le troisi\u00e8me verre. Il me regarde alors et me dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu feras ce que tu voudras. De toute fa\u00e7on, on ne choisit pas.\u00a0\u00bb Apr\u00e8s, il va se coucher et maman reste \u00e0 la table de la cuisine pour lire <em>Jours de France<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Lille, au terminus de la rue Trulin, le 1er avril 1976 &#8211; photo d&#8217;Ernest Godward) Le 1er avril 1976, rue Trulin, je t\u2019ai attendue. La veille, au bar des Brumes, nous nous \u00e9tions donn\u00e9 rendez-vous l\u00e0, au terminus des trams. 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