{"id":357,"date":"2025-02-22T13:37:03","date_gmt":"2025-02-22T12:37:03","guid":{"rendered":"https:\/\/francisgrembert.fr\/?page_id=357"},"modified":"2025-02-22T13:37:03","modified_gmt":"2025-02-22T12:37:03","slug":"eloge-du-pre-imaginaire-et-poesie","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/francisgrembert.fr\/index.php\/eloge-du-pre-imaginaire-et-poesie\/","title":{"rendered":"\u00c9loge du pr\u00e9 &#8211; imaginaire et po\u00e9sie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"678\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Trassard-pre-3-1024x678.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-358\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Trassard-pre-3-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Trassard-pre-3-300x198.jpg 300w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Trassard-pre-3-768x508.jpg 768w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Trassard-pre-3.jpg 1058w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Photo de Jean-Loup Trassard<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le bonheur est dans le pr\u00e9. Cours-y vite, il va filer<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019invitation de Paul Fort est un slogan po\u00e9tique qui nourrit notre imaginaire de puis que le po\u00e8te l\u2019a lanc\u00e9e en 1917, \u00e0 un moment o\u00f9 la guerre n\u2019en finissait pas d\u2019avaler les hommes et la terre. Face au cataclysme, le po\u00e8te propose d\u2019aller courir dans les pr\u00e9s, de fuir le monde d\u00e9shumanis\u00e9 de la guerre industrielle et de trouver la paix au milieu de l\u2019herbe. Est-ce un appel \u00e0 la d\u00e9sertion&nbsp;? Vraisemblablement. Car le bonheur ne se trouvera jamais dans la valse des obus ou le gaz moutarde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a fort \u00e0 parier que Paul Fort connaissait le Psaume 22, un des plus connus, un des plus beaux aussi, o\u00f9 il est dit <em>Sur des pr\u00e9s d\u2019herbe fra\u00eeche, il me fait reposer<\/em>. Le meilleur est ici une surface d\u2019herbe et l\u2019envie de s\u2019y reposer. Dormir dans un pr\u00e9. Se coucher sur l\u2019herbe. Loin de nos vies ab\u00eem\u00e9es. Se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, entamer avec le tr\u00e8fle et les gramin\u00e9es de doux dialogues o\u00f9 on glisse sans s\u2019en apercevoir dans le plus r\u00e9parateur des sommeils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pr\u00e9 est un lieu de refuge, l\u2019image d\u2019un Eden \u00e0 port\u00e9e de main. Il est cela et bien plus encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pr\u00e9 est une r\u00e9alit\u00e9 forte de notre inconscient collectif. Les publicistes, toujours pr\u00eats \u00e0 nous flatter dans le sens du poil, ne s\u2019y trompent pas. Ils nous proposent des pr\u00e9s pour chaque fromage auvergnat ou plaquette de beurre normand avec vaches d\u00e9coratives. Ce sont des malins, tous comme les candidats aux \u00e9lections dont les affiches ne manquent pas de s\u2019afficher sur fond d\u2019herbe tendre. De la vache Milka \u00e0 Belle des Champs en passant par l\u2019ami du petit-d\u00e9jeuner. Les feuilletons des ann\u00e9es 70 ne sont pas en reste et l\u2019un des plus fameux d\u2019entre eux avait m\u00eame pour titre&nbsp;: <em>La petite maison dans la prairie<\/em>. Dans le Minnesota, la famille Ingaels file le bonheur parfait au milieu des immensit\u00e9s d\u2019herbe. Tout le monde se souvient du g\u00e9n\u00e9rique o\u00f9 les trois filles de Charles courent dans l\u2019herbe. La plus petite tombe, tout le monde rit. Quand un enfant tombe dans l\u2019herbe, ce n\u2019est jamais grave. Car l\u2019herbe est la douceur m\u00eame. Lecomte de Lisle confirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019herbe est plus douce que le sommeil&nbsp;\u00bb.&nbsp; Flaubert ajoute&nbsp;: \u00ab&nbsp;On peut mettre un immense amour dans l\u2019histoire d\u2019un brin d\u2019herbe.&nbsp;\u00bb Victor Hugo rench\u00e9rit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Passants, faites gr\u00e2ce \u00e0 la plante obscure.&nbsp;\u00bb&nbsp; en l\u2019honneur de ce que nous appelons commun\u00e9ment herbes folles, herbes des talus ou tout simplement mauvaises herbes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans sa d\u00e9finition a minima, le pr\u00e9 est une surface d\u2019herbe \u00e0 usage agricole. Mais si on y regarde de plus pr\u00e8s, on s\u2019aper\u00e7oit que les diff\u00e9rents usages appellent une quantit\u00e9 de d\u00e9signations&nbsp;qui t\u00e9moignent d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 multiple :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Herbage, alpage, estive, gazon, herbi\u00e8re, pacage, p\u00e2tis, p\u00e2tural, p\u00e2turage, p\u00e2ture. La prairie peut \u00eatre naturelle ou permanente, artificielle ou temporaire, flottante, ambulante. Le pr\u00e9 peut \u00eatre arable (ou Dries en flamand), humide, sal\u00e9, de fauche ou d\u2019embouche. On parle aussi de la vaine-p\u00e2ture, du gros foin, du finage, du schorre, du regain. Il y a aussi les espaces naturels enherb\u00e9s qui l\u2019on peut associer plus ou moins aux prairies&nbsp;: sagnes des tourbi\u00e8res, molli\u00e8res\u2026. La liste reste ouverte. Chaque r\u00e9gion a ses appellations sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le tapis d\u2019herbes que constitue une prairie est compos\u00e9 de nombreuses esp\u00e8ces que le commun des mortels ne diff\u00e9rentie pas. Seuls les boutons d\u2019or et les marguerites sont ais\u00e9ment &nbsp;reconnus et nomm\u00e9s. La blancheur des premiers et le jaune exquis des secondes cr\u00e9ent avec l\u2019herbe une harmonie sans pareille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Agrostide, brome, avoine jaun\u00e2tre, cr\u00e9telle, dactyle, f\u00e9tuque, flouve, houlque, p\u00e2turin, ray-grass, vulpin, minette, sainfoin, luzerne, tr\u00e8fle, fl\u00e9ole, orchis, renoncule, gaillet, cardamine, brunelle, campanule, achill\u00e9e, arnica des Hautes-Vosges, narcisses du Cantal, et bien d\u2019autres encore. Tous ces noms qui chantent aux lisi\u00e8res si f\u00e9condes de la po\u00e9sie et de la science botanique&nbsp;! Il faudrait les r\u00e9citer, les psalmodier, les soirs o\u00f9 on n\u2019y croit plus et les matins o\u00f9 on repart malgr\u00e9 tout d\u2019un pied vif sur nos chemins us\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Prenons cependant garde au colchique. Un c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me d\u2019Apollinaire nous avertit&nbsp;: le colchique peut empoisonner les vaches. Une chanson-comptine nous rassure \u2026 <em>Colchique dans les pr\u00e9s fleurissent, fleurissent<\/em>\u2026 Les comptines ont toujours raison. Qu\u2019on se le tienne pour dit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si on s\u2019\u00e9loigne quelques instants de notre pr\u00e9 carr\u00e9 agricole et qu\u2019on envisage toutes les possibilit\u00e9s de l\u2019herbe, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019elle est en fait partout. Greens de golf, terrains de foot avant l\u2019arriv\u00e9e du gazon synth\u00e9tique, sur lequel il est pr\u00e9f\u00e9rable de laisser planer le silence, et bien s\u00fbr les pelouses individuelles. Ces derni\u00e8res sont les cousines \u00e9loign\u00e9es des prairies. Elles sont n\u00e9es dans l\u2019Angleterre de la R\u00e9volution industrielle. Le peuple des campagnes anglaises arrive en ville pour travailler dans l\u2019industrie textile et r\u00e9cr\u00e9e une prairie miniature derri\u00e8re les maisons ouvri\u00e8res. Je ne sais si les habitants des lotissements p\u00e9riurbains actuels ressentent cette m\u00eame parent\u00e9 avec leurs anc\u00eatres paysans quand ils organisent un barbecue mais le lien existe. En fait, l\u2019herbe est partout. Elle persiste, s\u2019insinue l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend pas, dans une fissure, elle longe nos routes, elle est tellement l\u00e0 qu\u2019on ne lui pr\u00eate pas attention. &nbsp;Lambeaux et miettes de prairie&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019herbe des pr\u00e9s a une fonction nourrici\u00e8re reli\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9levage. Comme son nom l\u2019indique, la p\u00e2ture a pour fonction de p\u00e2turer vaches et moutons. N\u2019oublions pas les cochons qui autrefois avaient l\u2019honneur de les fouler, ou les oies, grandes mangeuses d\u2019herbe, et bien s\u00fbr les chevaux. Selon Roland Dubillard, <em>la vache est fille de l\u2019herbe. Elle rumine jusqu\u2019aux lumineuses pelouses du ciel<\/em>. Combien de tableaux, des grands ma\u00eetres hollandais aux impressionnistes, repr\u00e9sentent une prairie avec des vaches qui paissent&nbsp;! A chaque fois, la m\u00eame impression de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 nous \u00e9treint. Qu\u2019y a-t-il de plus apaisant, de plus bucolique qu\u2019une coterie de vaches dans une prairie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les vaches ont une visibilit\u00e9 \u00e9vidente, il n\u2019en va pas de m\u00eame des autres habitants de l\u2019herbe, beaucoup plus discrets. Dans<em>Fureur et myst\u00e8re<\/em>, Ren\u00e9 Char fait un recensement po\u00e9tique de la petite faune prairiale. Il arrive parfois qu\u2019un po\u00e8te nous parle dans sa langue natale et il se trouve que c\u2019est aussi la n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le peuple des pr\u00e9s m\u2019enchante. Sa beaut\u00e9 fr\u00eale et d\u00e9pourvue de venin, je ne me lasse pas de la r\u00e9citer. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chim\u00e8re de l\u2019herbe, l\u2019orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l\u2019ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande \u00e9tendue verte, et imm\u00e9diatement au-dessus les m\u00e9t\u00e9ores hirondelles\u2026Prairie, vous \u00eates le bo\u00eetier du jour.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai grandi dans une ferme dans la campagne bailleuloise. La ferme poss\u00e9dait trois parcelles de p\u00e2tures et de pr\u00e9s. J\u2019aimais plus que tout l&#8217;id\u00e9e que mes grands-parents et ceux qui les avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s aient connu ces pr\u00e9s tels qu&#8217;ils \u00e9taient au moment o\u00f9 je m\u2019y promenais. Une sorte d\u2019\u00e9ternit\u00e9 de l\u2019herbe. Les vaches \u00e9taient au nombre de huit. Les appeler par leurs noms n\u2019\u00e9tait pas un probl\u00e8me. Il y avait des haies limitrophes, \u00e0 l\u2019ombre desquelles les vaches pouvaient se reposer. J\u2019aimais observer les jeunes veaux qui prenaient plaisir \u00e0 batifoler. Ces pr\u00e9s ont disparu, transform\u00e9s en terre \u00e0 ma\u00efs et \u00e0 betteraves. Une des parcelles \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e au foin. Quand arrivait la belle saison et que le mois de juin nous donnait l\u2019envie de l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019herbe \u00e9tait fauch\u00e9e. Elle distillait une odeur puissante et enivrante, qui se transformait au fur et \u00e0 mesure que la fourche retournait les andains pour les s\u00e9cher. Arrivait le jour de la presse, qui fabriquait de lourds ballots \u00e0 transporter dans des greniers. La fenaison est un moment particulier, une f\u00eate des sens. Alain Corbin, historien et auteur d\u2019un ouvrage intitul\u00e9<em> La Fra\u00eecheur de l\u2019herbe&nbsp;: <\/em><em>L\u2019herbe est porteuse d\u2019origine, elle semble garder la saveur des premiers temps du monde.<\/em> Il ajoute&nbsp;: <em>Le nombre d\u2019enfants familiers de l\u2019herbe et de ses plaisirs se rar\u00e9fie ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e. <\/em>Notre contact direct avec la nature s\u2019appauvrit. Il y a bien s\u00fbr le temps des vacances et des balades du week-end o\u00f9 le contact est parfois renou\u00e9, mais cela suffit-il&nbsp;? Il est bien s\u00fbr difficile d\u2019aller marcher dans les pr\u00e9s. Ce sont des espaces priv\u00e9s, agricoles, o\u00f9 il y a parfois du b\u00e9tail. Les autres espaces d\u2019herbe ne sont pas toujours accessibles. Les panneaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;pelouse interdite&nbsp;\u00bb portent un message on ne peut plus clair. Un acc\u00e8s facilit\u00e9 aux grandes surfaces d\u2019herbe, naturelles ou non, serait pourtant salutaire. On pourrait y marcher, y danser, s\u2019y rouler, tout ce qu\u2019on veut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pr\u00e9s ont une histoire. Elle est document\u00e9e. Quelques rep\u00e8res en passant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les grands d\u00e9frichements du n\u00e9olithique et le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage, les espaces \u00e0 vocation agricole ont progress\u00e9. Sous Henri IV, Sully lance son c\u00e9l\u00e8bre slogan&nbsp;: \u00ab&nbsp;Labourage et p\u00e2turage sont les deux mamelles de la France.&nbsp;\u00bb&nbsp; A la m\u00eame \u00e9poque, Olivier de Serres, consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de l\u2019agronomie fran\u00e7aise, qualifie le p\u00e2turage de \u00ab&nbsp;pi\u00e8ce glorieuse du domaine&nbsp;\u00bb. Un syst\u00e8me de pr\u00e9s communaux, donc collectifs, perdure pendant plusieurs si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la 2<sup>nde<\/sup> guerre mondiale, une r\u00e9volution fourrag\u00e8re a voulu faire table rase du pass\u00e9. La prairie permanente \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme impropre au progr\u00e8s et devait c\u00e9der la place \u00e0 la prairie sem\u00e9e. Une deuxi\u00e8me phase d\u2019intensification a eu lieu avec la syst\u00e9matisation du ma\u00efs d\u2019ensilage, ce que l\u2019on appelle le \u00ab&nbsp;syst\u00e8me ma\u00efs-soja&nbsp;\u00bb, productiviste. Certains \u00e9leveurs bio actuels s\u2019en sortent tr\u00e8s bien avec un syst\u00e8me de p\u00e2turage, ce qui prouve que les plans agronomiques les plus pointus ne sont pas toujours pertinents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp; Il y aurait bien d\u2019autres choses \u00e0 dire sur les pr\u00e9s et leur histoire. J\u2019y reviendrai peut-\u00eatre. En attendant et pour conclure, trois citations, parmi d\u2019autres, qui disent, mieux que de longues analyses, la n\u00e9cessit\u00e9 des pr\u00e9s dans nos vies &nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jean Giono&nbsp;: <em>Les herbes, c&#8217;\u00e9tait comme de la nouvelle mari\u00e9e, toutes en fleurs blanches et du rire d&#8217;herbe qui luisait sur des kilom\u00e8tres<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>John Alec Baker&nbsp;: <em>De la petite herbe printani\u00e8re, propre et vive comme de l\u2019eau de mer. J\u2019y enfouis le visage, je la respire, je respire le printemps<\/em>.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Walt Whitman&nbsp;: &nbsp;<em>Je crois qu\u2019une feuille d\u2019herbe n\u2019est en rien inf\u00e9rieure au labeur des \u00e9toiles<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">William Wordsworth (avec Nathalie Wood en embuscade) : <em>Though nothing can bring back the hour of splendour in the grass. <\/em><em>(Rien ne peut faire revenir ces heures de splendeur dans l\u2019herbe).<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-f56f613f wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"526\" height=\"533\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Doisneau-Ardeche-1953.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-361\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Doisneau-Ardeche-1953.jpg 526w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Doisneau-Ardeche-1953-296x300.jpg 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Doisneau &#8211; Ard\u00e8che 1953<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"427\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Outtersteene-Bernstraete-Mai-2015.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-362\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Outtersteene-Bernstraete-Mai-2015.jpg 640w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Outtersteene-Bernstraete-Mai-2015-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Outtersteene<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-363\" srcset=\"https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-300x225.jpg 300w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-768x576.jpg 768w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/francisgrembert.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/012-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Outtersteene<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bonheur est dans le pr\u00e9. 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