Les mille et une vies de la brouette


On la dit d’origine chinoise ou grecque mais personne n’en est sûr. Le fait est qu’elle n’apparaît que tardivement chez nous. Mais dès qu’elle entre en usage, son succès est immédiat. Dans les champs et les jardins, sur les chantiers, dans les gares, pour transporter le linge au lavoir ou le goémon sur les plages bretonnes, ses usages sont multiples. Très vite, on ne peut plus se passer d’elle.

La brouette repose sur le principe du levier associé à une roue et nous permet de transporter de lourdes charges sans effort. C’est une merveille.

La brouette est discrète. Elle s’adapte à tous types de besoins. En bois, en métal, en plastique, sa forme évolue en fonction des métiers. Elle peut accueillir dans son porte-charge des briques, des sacs, de la paille, des légumes, en fait ce qu’on veut.

Le transport de personnes est autorisé. L’enfant aime se faire pousser dans une brouette. Il aime aussi avoir sa petite brouette pour imiter les grands.

La brouette a de la fantaisie. Elle ses courses et ses fêtes. Dans les jardins, on voit régulièrement un nain la pousser. Le Broutteux, symbole de Tourcoing, y transporte du tissage.

Cook, Beryl – Pig in Wheelbarrow
Le saut de la brouette, fête des sports d’hiver sur le lac Saint-Mandé, 12ème arrondissement, Paris – Musée Carnavalet

La peinture n’est pas en reste. De L’Angélus de Millet à Pissarro en passant par Dali, la brouette trouve avantageusement sa place dans une composition. Au cinéma, elle a rarement le rôle principal mais sa présence dans le cadre est une plus-value appréciable.

La brouette a son « fou littéraire ». Dans les années 1920 paraît Les causeries brouettiques écrites par le marquis de Camarasa, un ouvrage surréaliste de plus de 500 pages, une ode à un outil utile et sympathique qui a traversé les âges sans se démoder. Quand à Eugène Ionesco, il a écrit dans La Cantatrice chauve : « J’aime mieux un oiseau dans un champ qu’une chaussette dans une brouette. » A méditer !

Êtes-vous nanopabulophobe ? Un traitement existe.

La nanopabulophobie est une peur très atypique. Il s’agit d’une phobie spécifique à la vue de nains de jardin tirant une brouette. Si le nain tient un autre objet le nanopabulophobe ne craint rien. La présence du nain ne déclenche pas de crise. D’ailleurs, le terme « pabulophobie » désigne la peur des brouettes.

Cette phobie rare fait partie des phobies les plus absurdes et irrationnelles, souvent incomprise par l’entourage. Heureusement, ce trouble n’est pas le plus handicapant dans la vie quotidienne sauf si la personne vit dans une zone pavillonnaire.

Le traitement approprié est une psychothérapie courte par le biais d’une Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC).

ESSAI DE CATÉGORISATION DE LA BROUETTE PAR L’IMAGE :

Brouette de gare
Brouette de lavendière
Brouette de paveur
Brouette de charbonnier
Brouette à portoirs – musée de la vigne et du vin Anjou
Brouette à feu – Vignes de Champagne
Brouette à voile – Chine
Brouette blindée 14-18
Brouette de tourbière – Irlande
Brouette à ruche
Brouette de terrassier – Grande Guerre – Bailleul
Brouette fourragère
Brouette de vinaigrier, enseigne en bois sculpté datée de 1757. – Paris Musées
Brouette-landeau
Pompe-brouette – musée des pompiers de la Loire
Brouette à fumier – photographie de Pascal Glais – Août 1987- Plélan-le-Grand
Brouette-boussole
Brouette humaine – Carelman

LES PEINTRES ET LA BROUETTE

Van Gogh
Millet
Carl Larsson, Octobre, 1882
Pharaon De Winter, Mademoiselle Delebart
Fragonard
Arnold Gorter